Tables des successions et absences : le guide pour les utiliser en généalogie
Retrouver la date de décès d’un ancêtre sans connaître la commune exacte, identifier ses héritiers, découvrir qu’il possédait une maison ou un champ… Les tables des successions et absences (TSA) sont l’une des sources les plus utiles, et les moins connues, de la recherche généalogique. Voici ce qu’elles contiennent, où les trouver et comment les exploiter.
Qu’est-ce qu’une table des successions et absences ?
Après un décès, les héritiers devaient déclarer la succession au bureau de l’Enregistrement, l’administration fiscale chargée de percevoir les droits sur les biens transmis. Chaque bureau tenait des tables alphabétiques des personnes décédées dans son ressort : ce sont les tables des successions et absences.
Leur grand atout : tous les décès y sont en principe consignés, même ceux qui n’ont donné lieu à aucune succession. Un ancêtre modeste, sans aucun bien, peut donc y figurer.
Le mot « absences » désigne les personnes déclarées absentes, c’est-à-dire disparues sans que leur décès soit prouvé, comme certains soldats disparus pendant les guerres de la Révolution et de l’Empire. Leurs biens étaient taxés comme pour un décès.
Quelles périodes sont couvertes ?
Les tables des successions et absences proprement dites commencent en 1825. Elles prennent la suite des tables des décès et des tables des successions acquittées, tenues auparavant. Elles s’arrêtent à la fin des années 1960 (1968 ou 1969 selon les départements) et sont ensuite remplacées par des fiches-décès, consultables uniquement en salle de lecture.
À retenir : les documents de moins de 50 ans touchant à la vie privée, comme les déclarations de succession récentes, ne sont pas librement communicables.
Que contient une table des successions et absences ?
Les tables sont des registres préimprimés, classés par ordre alphabétique puis chronologique. Selon les époques et les bureaux, on y trouve :
- le défunt : nom, prénoms, profession et domicile ;
- la date du décès ;
- les héritiers, donataires ou légataires : noms, prénoms, parfois profession et domicile ;
- la date et le numéro de la déclaration de succession, qui renvoient au registre détaillé ;
- des indications sur les biens, ou l’absence de biens à déclarer.
Exemple de table des successions et absences (1921-1927) : nom, prénoms, profession, âge, lieu et date du décès, puis renseignements sur la succession. Archives départementales de l’Aisne, 3 Q 9/143.
Où trouver les tables des successions et absences ?
Elles sont conservées aux Archives départementales, dans les fonds de l’Enregistrement (série Q, le plus souvent sous-série 3 Q). Elles sont classées par bureau d’enregistrement, chaque bureau couvrant en général un canton ou plusieurs communes voisines.
De nombreux départements les ont numérisées et mises en ligne : consultez le site des Archives départementales concerné, rubrique « Enregistrement » ou « tables des successions ». Lorsque ce n’est pas le cas, elles se consultent en salle de lecture.
Comment les utiliser : la méthode en 5 étapes
- Identifier le bureau dont dépendait la commune de domicile du défunt. S’il possédait des biens ailleurs, pensez aussi aux bureaux de ces communes.
- Choisir le bon volume d’après la période approximative du décès.
- Chercher le nom en tenant compte des variantes d’orthographe. Pour une femme mariée, cherchez à son nom de jeune fille.
- Relever la date et le numéro de la déclaration de succession.
- Consulter le registre des mutations par décès à cette date : il détaille les héritiers, les biens meubles et immeubles, et cite parfois les actes notariés (contrat de mariage, testament, inventaire après décès). Ces registres sont souvent consultables uniquement en salle de lecture.
Pourquoi ces tables sont précieuses en généalogie
- Retrouver un décès quand on ignore la commune exacte : une seule table couvre toutes les communes d’un bureau.
- Reconstituer une famille grâce à la liste des héritiers : enfants, frères et sœurs, neveux…
- Découvrir le patrimoine et le niveau de vie d’un ancêtre.
- Ouvrir de nouvelles pistes vers les archives notariales.
- Retrouver la trace d’un disparu grâce aux déclarations d’absence.
Les pièges à éviter
- Chercher dans un seul bureau : un ancêtre décédé loin de chez lui peut apparaître dans la table de son domicile.
- S’arrêter à l’année du décès : la déclaration peut être faite plusieurs mois après, parfois dans le volume suivant.
- Négliger les graphies : un nom peut être mal orthographié ou classé sous une autre lettre.
- Conclure trop vite : certaines tables sont lacunaires ; une absence ne prouve rien.
Besoin d’aide pour exploiter une succession ?
Vous avez trouvé une ligne dans une table des successions mais l’écriture est difficile à lire, ou le registre des mutations reste un mystère ? Je peux vous aider à décrypter ces documents et à les intégrer à votre arbre généalogique.
📚 Pour aller plus loin
- 🔎 Mentions marginales sur l’acte de naissance : liste et exemples en généalogie.
- 🖋️ Décrypter un acte ancien : apprendre à lire les actes anciens et éviter les erreurs de transcription.